Le tricycle inclinable

 

 

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À la question déconcertante « pourquoi t’as fait ça ? », quand je réponds sérieusement voici ce que ça donne : j’ai fait quelque chose qui pèse deux fois et demi plus qu’un vélo électrique et 20 fois moins qu’une voiture ordinaire (1) tout en me donnant l’essentiel des prestations d’une voiture. C’est à dire un siège correct pour mon fessier qui devient délicat avec mon âge qui avance, une protection intégrale de la pluie, un coffre à bagages, une place d’appoint, des suspensions dignes de ce nom et bien sûr un moteur parce que mon énergie diminue avec, au risque de me répéter, mon âge qui avance.

Bon, Il est un terrain copieusement goudronné sur lequel il est impossible de rivaliser avec la voiture, c’est celui de l’aptitude à engloutir les kilomètres. On en reparlera quand les prix des combustibles ne nous autoriseront plus cette joyeuse gabegie (2).

Par contre, il est un terrain où un dérivé de vélo peut mieux faire avec une facilité déconcertante, c’est la ville. Démesurément encombrante, la voiture rime pour ses usagers avec bouchons, problèmes de stationnement, cortège de frais. Et elle amène un univers dangereux, bruyant et nauséabond pour tout le monde.

Alors vous avez compris, si je fais ça c’est aussi parce que j‘ai développé une aversion pour la bagnole, cette ineptie énergétique, cette absurdité urbaine, cette nuisance qui nous pourrit insidieusement le quotidien. Alors j’aimerais bien contribuer à faire avancer les choses en sorte qu’un jour apparaissent des véhicules alternatifs qui nous montreront à quel point la voiture a fait fausse route. Si j’ose dire.

Trêve de ces considérations matérielles. En fait si j’ai fait ça c’est surtout parce que je tenais à deux autres choses, pour le plaisir. Mais pas que.

D’abord c’était pouvoir sentir l’air sur mon visage. Sous couvert de nous protéger la voiture nous prive de cette sensation délicieuse.

Ensuite, je voulais pencher dans les virages. Parce que pour s’adapter à la jungle urbaine il faut être étroit et haut, ce qui ne peut s’obtenir qu’en penchant dans les virages comme un vélo, une moto, ou encore un oiseau qui vole ou un cheval qui court. C’est une logique d’équilibre complètement naturelle, donc tout naturellement c’est très agréable à conduire et ainsi, cerise sur le gâteau, cet engin conçu pour la ville trouve dans les routes sinueuses de campagne un autre terrain de prédilection.

Bref : c’est bon de retrouver sa liberté de pencher.

Cette aventure a germé en 2013 et en voici le feuilleton intégral :

– les évolutions de 2019

– les évolutions de 2018

– les évolutions de 2017

les évolutions de 2016

une vidéo en action, au printemps 2015

la liberté de pencher dévoile de nouveaux avantages

correction des principaux défauts de jeunesse

premiers trajets

premiers tours de roue

étapes de la construction

conception

les inspirateurs

le projet originel

(1) En prenant 25 kg pour un vélo électrique, et 1250 kilos pour une voiture, ce qui est un poids moyen officiel. Pour les gros 4×4 «marqueurs de réussite sociale » c’est le double, soit deux tonnes et demi l’unité. Le tricycle dans sa version quotidienne pèse soixante cinq kilos, incluant panneaux solaires et équipements de confort. Il y a de nombreux kilos à gagner, même en restant dans les matériaux ordinaires : aujourd’hui c’est un « brouillon » sur lequel beaucoup de pièces n’ont pu être optimisées pour le poids.

(2) Voir sur ce même site le billet d’humeur : « Nous sommes milliardaires pour l’énergie ».