à quand la voiture électrique zéro Omission ?

À l’image du subtil « zéro émission », qui nous invite à oublier que l’électricité ne tombe pas du ciel et qu’elle génère aussi son lot de pollutions, le discours sur la voiture électrique nous montre la belle face de la médaille, et oublie étrangement l’autre.

Le moteur électrique a un bon rendement ? C’est oublier qu’avec l’électrique, il n’y a pas que le moteur qui a des déperditions. Il y en a toute une chaîne : la production d’électricité, son transport, les batteries. En fait, avec l’électricité actuelle, le rendement global d’une voiture électrique est moins bon que celui d’une voiture classique.

La voiture électrique récupère l’énergie du freinage ? C’est oublier qu’on l’a aussi lestée d’environ 300 kg de batteries, qui amènent une surconsommation. Ce que l’on récupère d’un côté, on en a perdu le double de l’autre.

Les batteries des voitures électriques vont permettre de stocker l’énergie solaire ? C’est oublier qu’il est bien compliqué de recharger dans la journée, quand on est en déplacement. Cela demanderait des bornes de recharge généralisées, ce qui serait très cher et complexe. Et la plupart des voitures électriques se rechargeront tranquillement la nuit.

La voiture électrique est économique ? C’est oublier que les carburants routiers sont soumis à une taxe, la TICPE, censée contribuer au financement du réseau routier. Ainsi c’est l’usager des routes qui paie les routes. Rouler à l’électrique, c’est aussi économique que rouler au fioul domestique : parce que en échappant à cette taxe, on laisse à la collectivité le soin de payer nos routes.

La voiture électrique n’émet pas de co2 ? Un oubli peut en cacher un autre. On a su nous répéter que l’électricité nucléaire émettait peu de co2, en oubliant les revers de cette propriété. Sans oublier qu’on oublie aussi de dire que le bilan co2 de la fabrication d’une voiture électrique est bien pire que celui d’une voiture classique, à cause des  batteries.

La voiture électrique va dépolluer les villes ? c’est oublier que le vrai problème des transports est leur encombrement, ce qui génère les bouchons, les problèmes de stationnement et surtout le danger de ces véhicules excessivement lourds et rapides. Transposer le même schéma de transport en changeant l’énergie ne résout rien, si ce n’est retarder l’évolution vers les véhicules dont nous aurions réellement besoin : des ULM terrestres.

« La mémoire, c’est l’art d’oublier » disait Charles Péguy. Il semble qu’il a fait des adeptes.